En ce mois de février, #LeMoisGeneatech, nous lance des défis d’écriture et j’ai choisi de participer à celui de la Saint Valentin : « Parlez nous des histoires d’amour de votre généalogie ».
Je vous emmène sur les traces de Jean Chastenet, cultivateur corrézien du 18è siècle, un ancêtre très prolifique ! 

Fils de Martial et d’Antoinette Buge, Jean Chastenet est né le 07 janvier 1750, à Perpezac-Le-Noir, petite commune de Corrèze. Ses parents décèdent à 2 jours d’intervalle alors qu’il n’a que 3 ans. Sa sœur, Léonarde et lui sont confiés à leur grand-père paternel, Jean Buge.

Jean a 21 ans quand il se marie pour la première fois, le 13 juin 1771, à Saint-Pardoux l’Ortigier. Sa futur femme, Elizabeth Bordas, est métayère au village du Bousquet. Elle a 2 ans et demi de plus que lui, est veuve depuis presqu’un an et a une petite fille, Françoise, âgée de 2 ans. Parents au 4è degré, Jean et Elizabeth ont obtenu une dispense de Mgr Louis Charles du Plessis d’Argentré, évêque de Limoges. Après leur mariage, ils s’installeront ensemble chez Elizabeth, à la métairie du Bousquet, et c’est là que naitra leur fille aînée, Léonarde Chastanet, le 19 avril 1772.

On les retrouve ensuite à Perpezac-Le-Noir, au village de Chareille, lors du décès de Françoise Chouzu, la fille d’Elizabeth, le 21 février 1773. Ils sont cultivateurs. C’est là que naitront ensuite Elizabeth, le 14 octobre 1774 et Jean le 18 novembre 1776. Trois ans plus tard, ils vivent au bourg de Perpezac où décède le petit Jean, à 3 ans, le 22 octobre 1779. Elizabeth est alors enceinte de leur quatrième enfant, François, qui naitra le 19 février 1780, et mourra 2 jours plus tard. Elizabeth ne se remettra jamais de cet accouchement et sentant la mort venir, elle fera son testament le jour même de la mort de son bébé, puis s’éteindra à son tour le 25 février. Jean et Elizabeth auront vécu 9 ans ensemble, auront eu 4 enfants dont seulement 2 vivront : Léonarde et Elizabeth. Elles sont toutes les deux mes ancêtres et j’ai pris l’habitude de les surnommer les sœurs fâchées.

Quatre mois plus tard, Jean se remarie à Estivaux, le 27 juin 1780. Il a 30 ans et deux filles de 6 et 8 ans. Sa futur femme, Antoinette Buge, a un an de plus que lui. Elle est veuve elle aussi depuis un an, et a un petit garçon, Jean-Baptiste Lachèze, 5 ans.

Jean s’installera tout d’abord chez Antoinette avec ses filles. Leur fils, Jean, y naîtra quelques mois plus tard, le 07 avril 1781. Puis, ils reviennent s’installer à Chareille où décèdera le petit Jean à presque 2 ans. Ils auront encore au moins 5 enfants : Gabriel vers 1782 qui décèdera à 5 ans, Léonard en 1783, Jean en 1786 qui décèdera à 6 ans, Léonarde en 1789, et Elizabeth en 1793.
Le 16 avril 1793, ils marient leurs enfants respectifs : Jean-Baptiste Lachèze épouse Léonarde Chastanet à Perpezac-Le-Noir. Jean est alors officier municipale. L’année suivante, c’est au tour d’Elizabeth de se marier, avec Simon Coudert. Jean et Antoinette vivront 25 ans ensemble, jusqu’à la mort d’Antoinette, le 13 novembre 1806.

Moins de 8 mois plus tard, le 09 juillet 1807, Jean se remarie avec Marie Claux qui vit à Lagraulière. Il a maintenant 57 ans et sa futur femme 64 ans ! Son autre fille Léonarde, a 18 ans. Je ne sais pas si ses autres enfants sont encore en vie mais si c’est le cas, Léonard a 24 ans, Jean 21 ans et Elizabeth 14 ans. Sa femme est veuve de Pierre Buge et je ne sais pas si elle a des enfants.

Jean s’installe chez elle à Bouilhac, sur la commune de Lagraulière, où il est cultivateur. Ils vivent 11 ans ensemble, jusqu’au décès de Marie le 10 mai 1818.

Comme à son habitude, Jean se remarie quelques mois plus tard, le 09 décembre 1818, avec Jeanne Bigeardel. Cette fois-ci, sa femme est plus jeune que lui puisqu’elle a moins de la moitié de son âge, soit 31 ans alors que lui a atteint les 68 ans. C’est elle qui s’installe chez lui, à Bouilhac, commune de Lagraulière.

Lorsque nous retrouvons Jean à l’église, seulement 6 jours plus tard, ce n’est pas pour un cinquième mariage mais cette fois-ci, pour son enterrement. Il est décédé dans la nuit du 14 au 15 décembre, dans sa maison de Bouilhac, à l’âge de 68 ans. Ce sont ses gendres, Jean Reyrolle (époux de Léonarde, fille d’Antoinette) et Simon Coudert (époux d’Elizabeth, fille d’Elizabeth) qui viennent faire la déclaration de son décès.

Jean aura eu quatre épouses, au moins 9 enfants, et 13 petits enfants. Il aura vécu à 5 adresses différentes et aura été présent sur plus de 17 documents notariés, que je n’ai pas fini d’étudier ! Voici une carte de Perpezac-Le-Noir et de ses alentours. En bleu, tous les endroits où a vécut Jean Chastanet. 

Quant aux deux sœurs fâchées, Léonarde et Elizabeth, elles commenceront, à la mort de leur père en 1818, par contester la succession de leur belle-mère Marie Claux (épouse numéro 3) puis se ligueront contre leur demi-sœur (Léonarde Chastanet). Et, en fin de compte, elles passeront presque 7 ans à se disputer l’héritage maternel en multipliant les procès, les appels, les lettres d’huissier, de notaires… 

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