Oui je sais, celle-là était facile. Mais la famille est une donnée (un concept… ?) fondamentale pour le généalogiste puisqu’elle constitue sa matière première. La mienne est composé de 274 variantes* !  

Lorsque l’on parle de notre famille, le terme est un peu vague :
Cela peut représenter toutes les personnes vivantes de notre famille ou toutes celle de nos ancêtres ; la famille de notre enfance ou celle que l’on se construit…

Quoiqu’il en soit, la famille est tout à la fois source de bonheurs, de petites et de grandes joies ; de détresse ou de malheurs ; de complicités ou d’adversités.
Bref, vous avez compris, la famille est la première société dans laquelle on apprend à vivre, que ce soit une expérience positive ou négative. 
Il me semble au final que ce n’est jamais ou tout l’un ou tout l’autre. On a beau être frères et sœurs, cousins, oncle ou tante ou que sais-je encore, cela ne nous rend pas automatiquement proches.
Chaque jour est un combat où chacun se doit de faire des efforts, d’accepter l’autre avec ses qualités et ses défauts, son caractère de cochon ou de saint (je ne sais pas lequel doit-être le plus dur à supporter).

Finalement, le principal est de prendre le temps de connaître les personnes de notre famille, pour ne pas regretter plus tard d’être passer à côté d’une relation, sinon proche, tout du moins apaisée.

Ce qu’il faut retenir aussi c’est qu’en fonction de l’époque de notre vie, les relations changent, des caractères se tempèrent ou s’affirment et on peut découvrir parfois avec bonheur que la vilaine tante que l’on prenait pour une sorcière étant enfant, est finalement une personne charmante et cultivée, qui avait juste du mal à communiquer avec les enfants ! 😉

La famille c’est, en somme, comme la vie. Remplie de découvertes, de jolies surprises, de joies simples et douces que l’on ne doit pas laisser passer faute de temps, comme de regarder un enfant grandir, prendre le temps de parler avec ses parents, savourer la chance d’être en vie, tout simplement. 

On peut aussi parfois penser qu’être passionné de généalogie tout en ayant du mal à s’entendre avec les vivants est antinomique. Et bien, pour ceux qui se posent la question, la réponse est non !

Vous avez le droit d’aimer la généalogie même si vous ne pouvez toujours pas piffrer votre cousin Jean-Pierre ou votre belle-sœur Stéphanie ! C’est la bonne nouvelle du jour !

Enfin, je voulais vous parler d’une dernière chose. Connaissez-vous la psycho généalogie ?
C’est une pratique clinique
développée dans les années 1970  selon laquelle les événements, les traumatismes, les secrets et les conflits vécus par les ascendants d’un individu conditionnent ses faiblesses constitutionnelles, ses troubles psychologiques, ses maladies…

J’ai longtemps été persuadée que la vie, le caractère ou les événements vécus par un ou une de mes ancêtres ne pouvait en aucun cas avoir d’influence sur moi, ou sur ma vie. Et bien, j’ai finalement dû me rendre à l’évidence que si. Untel ayant vécu une situation x aura tendance à la reproduire, avec ses enfants ou petits-enfants. Et parfois, ce n’est même pas la personne concernée qui reproduit le schéma, mais un proche, un descendant, ou des « on-dits », qui façonnent votre univers ou la façon dont on vous perçoit…
Alors, oui, parfois, la psycho généalogie (ou comme ce fut le cas pour moi, une simple déduction en relisant la vie de vos aïeux) peut vous aider à comprendre une situation, des comportements, qui pour vous restaient un mystère !  Attention cependant à ne pas tomber dans la paranoïa ou l’exagération en se disant : « Ah mais alors, c’est parce que Tata Jocelyne a été cambriolée en 87 que je l’ai été moi aussi, 30 ans plus tard ! »

Alors, si vous vous sentez plus proche d’André Gide que de Luc Ferry[1], n’oubliez pas que la vie est en perpétuelle changement, qu’heureusement personne n’est éternel et que si ce sont les meilleurs qui partent en premier, les autres finissent par les suivre !  Et comme aujourd’hui je me sens l’âme philosophe, je finirais par cette phrase :

« Soyez le changement que vous voulez voir dans ce monde ! »[2]

 

Notes : 

[1] « Famille je vous hais » (citation d’André Gide) ; « Famille je vous aime » (livre de Luc Ferry)
[2] Merci Gandhi !
*274 variantes, c’est à dire que j’ai 274 noms de famille différents dans mon arbre.